Hommage au dernier gardien de LA VIEILLE de Louis COZAN

Refrain

Gardien de phare à la dérive
Il te faut vivre avec ton temps
L’ordinateur qui te dirige
Ne sait rien des vagues d’Ouessant
-1-
Ton horizon était de houle
Et de mâtures de bateaux
Loin de la terre et de ses foules
On t’oubliait dans ton château
Tu habitais une carte postale
Tu vivais au milieu de l’eau
Loin des bureaux de capitales
On te remplace par un robot
-2-
Tous les marins étaient tes frères
D’un clin d’œil tu les saluais
Parfois tu enviais leurs galères
Longtemps des yeux tu les suivais
Et de ton vaisseau immobile
Ancré à jamais au rocher
Ton âme voguait vers des îles
De sable blanc de cocotiers
-3-
On t’a dit que tu coûtais cher
Mais « on » t’a pas donné le prix
D’un marin qui se meurt en mer
Paraît qu’la vie ça n’a pas d’prix
T’iras échouer sur le bitume
Et là tu deviendras gênant
Avec tes idées brouillées d’écume
De vagues noires et de grands vents
-4-
On te descend pour ton confort
Aussi pour ta sécurité
Ils disent que ce n’est plus une vie
Mais ta vie tu l’avais choisie
Pendu sous un hélicoptère
Tu as le cœur gros de laisser
Ce bâtiment dont tu es fier
Tu pleures La Vieille abandonnée

Gardien de phare à la dérive
Accroché telle une araignée
Tu regardes le Raz qui brise
Sur La Vieille abandonnée
Sur Ta Vieille abandonnée…

Texte parlé :

Et tu danses au bout de ton fil
A terre il y a un buffet
Et tes patrons qui parlent de progrès
Devant une foule de journalistes
Et tu danses au bout de ton fil
Danse Jean, danse tu es filmé
Danse Jean, danse, ce soir, ce soir…
Ce soir tu passes à la télé…

Louis Cozan
– ancien gardien de phare sur Ouessant –

 

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