Le droit d’asile, miroir de la citoyenneté par Anicet Le Pors

Quelle attitude le citoyen d’ici doit-il adopter face au citoyen d’ailleurs qui frappe à sa porte et lui demande protection? La France a eu longtemps une réputation de « pays des droits de l’homme » en même temps que de « terre d’asile ». Qu’en est-il aujourd’hui face aux centaines de milliers de migrants qui affluent en Europe ? Le droit d’asile fixe au plan international les règles qui ,conduisent à la reconnaissance de la qualité de réfugiés. Mais, au delà, doivent être pris en compte des aspects humanitaires et politiques : le XXIe siècle sera-t-il celui des réfugiés ? des migrants ?
Pour répondre correctement à ces questions il convient tout d’abord de faire l’état des lieux sur l’asile dans le monde et en France et de s’interroger sur les comportements qui ont été déterminants de l’asile au cours de l’histoire et notamment des dernières décennies. Le droit d’asile qui relevait jusqu’à la seconde guerre mondiale des prérogatives de chaque pays est devenu international avec l’adoption de la Convention de Genève de 1951, ratifiée aujourd’hui par la très grande majorité des pays. Cette convention évoque les craintes de persécutions politiques, religieuses, ethniques, nationales et autres qui justifient l’asile accordé par un pays à un étranger qui le demande. À l’asile sont associés des droits et des obligations pour son bénéficiaire et il est temporaire. Face aux récents événements concernant l’accueil des étrangers, beaucoup disent que le système actuel est « à bout de souffle » ; qu’en est-il en réalité ? La question n’est pas seulement juridique elle touche à tous les aspects de la vie en société et à la citoyenneté. Car si le pays d’accueil apporte au réfugié, celui-ci interpelle aussi le citoyen d’ici et participe à sa formation et à l’évolution des mentalités. C’est en ce sens que l’on peut dire que le droit d’asile est le miroir de la citoyenneté.

Ces questions seront abordées le mardi 26 février à la salle Cap Caval lors de la conférence d’Anicet Le Pors, ancien ministre de la Fonction publique de 1981 à 1984. Conseiller d’État honoraire. Auteur en 1976 du rapport interministériel Immigration et développent économique et social. Membre du Haut Conseil à l’intégration à sa création et de 1990 à 1993. Président des formations de jugement de la Cour nationale du droit d’asile de 2000 à 2014. Membre du comité de soutien de l’association Primo Lévi d’aide psychologique aux migrants. Auteur des deux « Que sais-je ? » aux Presses Universitaires de France sur « La citoyenneté » et « Le droit d’asile ».

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