Que mangeaient-donc nos grands-mères ?
Il s’agit plutôt de nos arrières-grands-mères, mais ce terme affectif désigne bien nos rapports à cette alimentation, à la fois lointaine, mais dont nous avons parfois la nostalgie
. La période concernée s’étend de 1870, c’est-à-dire le moment où l’alimentation s’est stabilisée : on mange à peu près à sa faim partout, en particulier dans le monde paysan, à 1940-50, c’est-à-dire le passage à une alimentation produite par le système agro-alimentaire actuel.
Cette période est une période de grande differenciation sociale , en particulier du point de vue alimentaire. La gastronomie française est la gastronomie de référence dans le monde entier, manger est une activité importante pour les membres de la grande bourgeoisie, les diners font partie de l’activité mondaine. La bourgeoisie moyenne y accorde beaucoup d’importance également , mais n’a pas les moyens d’acceder à cette grande gastronomie. C’est la période où se met en place ce qu’on appelle les recettes bourgeoises (blanquette, mironton etc..) qui deviennent les références des ménagères. Quant à la paysannerie et les classes ouvrières, leur alimentation se stabilise aussi : autoproduite dans le monde paysan, achetée dans les petites épiceries si nombreuses dans les milieux urbains pauvres.
Ces différents modèles alimentaires sont à l’origine de notre alimentation actuelle, meme si l’agro alimentaire les a transformés en profondeur, et meme si nous sommes actuellement à des tournants alimentaires.